Données datées
Chutes de hauteur : les chiffres 2024, au travail et à la maison
12 %
des accidents du travail codés en 2024 sont des chutes de hauteur ; elles pèsent 15 % des nouvelles incapacités permanentes et 13 % des décès dont la cause est identifiée (Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport 2024).
En 2024, les chutes de hauteur représentent 12 % des accidents du travail dont la cause est connue, et elles sont plus graves que la moyenne : 15 % des nouvelles incapacités permanentes, 13 % des décès, 15 % des journées d’arrêt. Une chute de hauteur sur cinq part d’une échelle ou d’un escabeau. Ces chiffres viennent de l’Assurance Maladie et de l’INRS ; chacun est donné ici avec son année et son champ, et l’ensemble se télécharge en bas de page.
Ce que cette page ne contient pas : un chiffre national des chutes d’échelle à la maison. Il n’est pas publié, et nous ne l’inventons pas.
Au travail en 2024 : un accident codé sur huit
L’Assurance Maladie – Risques professionnels recense 549 614 accidents du travail avec arrêt ou incapacité en 2024 dans le régime général (− 1,1 % sur un an), pour 20,8 millions de salariés, soit un indice de fréquence de 26,4 accidents pour 1 000 salariés. 764 salariés sont morts d’un accident du travail cette année-là ; plus de la moitié de ces décès sont dus à un malaise.
Pour dire d’où viennent les accidents, l’Assurance Maladie classe les déclarations par « risque à l’origine ». Les chutes de hauteur y forment une catégorie à part, distincte des chutes de plain-pied.
| Risque à l’origine (2024) | Accidents codés | Nouvelles incapacités permanentes | Décès | Journées d’incapacité temporaire |
|---|---|---|---|---|
| Manutention manuelle | 50 % | 47 % | 16 % | 48 % |
| Chutes de plain-pied | 15 % | 16 % | 6 % | 17 % |
| Chutes de hauteur | 12 % | 15 % | 13 % | 15 % |
| Outillage à main | 8 % | 5 % | 0 % | 4 % |
| Risque routier | 3 % | 5 % | 22 % | 4 % |
Source : rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels, tableau 6 (extrait). Les pourcentages portent sur les sinistres dont le risque est identifié.
Le rapport ajoute que chutes de plain-pied et chutes de hauteur réunies font plus du quart des accidents du travail, et que la hiérarchie des risques reste la même que les années précédentes.
Moins fréquentes que la manutention, plus graves que la moyenne
Le chiffre qui compte n’est pas seulement la fréquence. Les chutes de hauteur pèsent 12 % des accidents mais 15 % des incapacités permanentes et 15 % des journées d’arrêt : une chute de hauteur laisse plus souvent des séquelles qu’un accident moyen. L’Assurance Maladie donne un ordre de grandeur dans son communiqué de 2022, pour l’ensemble des chutes, de plain-pied comme de hauteur : les arrêts consécutifs à une chute durent plus de 70 jours en moyenne et coûtent 3 700 € chacun en moyenne.
Elles tuent aussi. L’INRS les classe au deuxième rang des causes d’accidents mortels au travail, après le risque routier (données 2019). La brochure ED 6110 donnait déjà la mesure en 2012 : 52 décès, et 16,6 % des journées perdues pour 11,4 % des accidents. Dans sa série, la situation la plus meurtrière reste le travail sur les toitures, terrasses et verrières.
Échelles et escabeaux : une chute grave sur six
C’est le chiffre qui concerne directement ce site. Selon l’INRS, en 2019, plus de 16 % des chutes ayant entraîné une incapacité permanente au travail sont des chutes depuis une échelle ou un escabeau, ce qui en fait la deuxième cause de chutes graves dans le cadre du travail. L’Assurance Maladie, de son côté, indique qu’une chute de hauteur sur cinq implique une échelle ou un escabeau.
Les gestes qui évitent ces chutes sont détaillés dans notre guide utiliser une échelle sans tomber, et l’angle de pose se vérifie en deux mesures avec l’outil d’angle d’échelle.
Une baisse de moitié entre 1990 et 2012, à lire avec prudence
L’INRS publie une série longue établie d’après les statistiques de la Cnam. Entre 1990 et 2012, les chutes depuis une échelle ou un escabeau passent de 23 490 à 11 786 accidents avec arrêt, de 3 857 à 1 417 incapacités permanentes, et de 39 à 6 décès.
| Chutes avec dénivellation au travail | Accidents avec arrêt 1990 | 2012 | Incapacités permanentes 1990 | 2012 | Décès 1990 | 2012 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Échelles, escabeaux | 23 490 | 11 786 | 3 857 | 1 417 | 39 | 6 |
| Échafaudages, coffrages | 6 064 | 2 740 | 1 157 | 398 | 40 | 4 |
| Toitures, terrasses, verrières | 2 139 | 1 211 | 584 | 218 | 66 | 24 |
| Escaliers | 31 312 | 31 286 | 3 081 | 2 163 | 6 | 2 |
| Toutes chutes avec dénivellation | 101 426 | 71 925 | 12 960 | 6 239 | 234 | 52 |
Source : INRS, ED 6110 (2e édition, novembre 2019), d’après la Cnam.
Deux réserves avant d’y voir un succès complet de la prévention. La série s’arrête en 2012 : aucune mise à jour publique par équipement n’a été trouvée depuis. Et sur la même période, les chutes classées « non classé » passent de 3 766 à 22 982 : une partie des baisses par catégorie peut tenir au codage des déclarations, pas seulement à la prévention.
Le BTP en première ligne
D’après l’INRS (données 2019), le BTP concentre 20 % des arrêts de plus de trois jours dus à une chute de hauteur, 28 % des incapacités permanentes et 54 % des décès qui en résultent. Dans ce secteur, la chute de hauteur est le deuxième poste d’accidents du travail et le premier pour les décès.
Sur les chantiers comme ailleurs, l’INRS désigne le travail sur les toitures, terrasses et verrières comme le point noir : moins de chutes qu’en 1990, mais des conséquences graves dans un grand nombre de cas. L’employeur doit donner la priorité aux protections collectives (garde-corps, filets, échafaudages) sur les protections individuelles ; les règles sont résumées dans notre page sur le travail en hauteur et ses obligations. Pour l’échafaudage roulant, l’ordre de montage qui protège le monteur est détaillé dans monter un échafaudage roulant.
À la maison : ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas
Les chiffres nationaux des accidents domestiques ne distinguent pas l’échelle de l’escabeau, du tabouret ou de l’escalier. Ce qui est publié porte sur toutes les chutes, de plain-pied pour la plupart :
- plus de 2 millions de personnes de plus de 65 ans chutent chaque année (ameli.fr) ;
- 174 824 hospitalisations en lien avec une chute ont été dénombrées chez les 65 ans et plus en 2024 ; rapporté à la population de cet âge, le taux est en hausse de 20,5 % par rapport à 2019 (ameli.fr) ;
- plus de 20 000 personnes de 65 ans et plus sont décédées en lien avec une chute en 2024 (Santé publique France).
Aucune de ces données ne dit combien de ces chutes partent d’une échelle. L’enquête permanente sur les accidents de la vie courante, qui enregistre les passages aux urgences de quelques hôpitaux, ne publie pas de ventilation par produit sur ses pages ouvertes. Nous avons choisi de le dire plutôt que de reprendre les chiffres sans source qui circulent. Si un organisme publie une donnée fiable, elle entrera dans cette page à la mise à jour suivante.
En pratique, pour un senior, le meilleur moyen de ne pas tomber d’une échelle est souvent de ne pas y monter : un marchepied à main courante pour les petites hauteurs, ou un professionnel pour la gouttière et le toit. Pour acheter un matériel qui respecte les exigences de sécurité, voyez acheter une échelle conforme.
Qu’appelle-t-on une chute de hauteur ?
Pour l’INRS, la chute de hauteur se distingue de la chute de plain-pied par l’existence d’une dénivellation. La définition couvre la chute depuis une position élevée (toiture, pylône) comme la chute depuis un équipement qui ne surélève que légèrement, un tabouret ou un marchepied. Le travail au bord d’une tranchée, d’une fouille ou d’une falaise expose au même risque.
La hauteur ne fait donc pas la chute de hauteur : un marchepied de deux marches suffit. Elle fait en revanche la gravité, avec la nature du sol d’impact. C’est pourquoi les chutes depuis un échafaudage, une toiture ou une verrière, plus hautes, sont aussi celles qui comptent le plus d’invalidités et de décès.
Lire ces chiffres sans se tromper
- Le champ : les chiffres de l’Assurance Maladie – Risques professionnels ne couvrent que les salariés du régime général. Le monde agricole (MSA), la plupart des agents publics et les indépendants n’y figurent pas, ni les accidents domestiques.
- Les pourcentages du tableau 6 portent sur les accidents d’au moins quatre jours d’arrêt dont le risque est identifié, soit 63 % d’entre eux en 2024, et sur 44 % des décès. Ne pas les appliquer au total de 549 614 accidents.
- Les années : 2024 pour le rapport annuel, 2019 pour l’INRS, 1990 et 2012 pour la série longue. Le communiqué de 2022 donne une moyenne annuelle de 126 000 accidents liés à une chute, plain-pied compris.
Télécharger et réutiliser
Le tableau complet, avec l’année, le champ et l’adresse de la source de chaque chiffre, se télécharge en tableau CSV des chiffres des chutes de hauteur. Les graphiques de cette page sont libres de reprise avec la mention « Échelle.com » et un lien vers la page ; la citation suggérée et la licence figurent ci-dessous. La prochaine mise à jour suivra la parution du rapport annuel 2025 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels.
Les chiffres clés des chutes de hauteur
| Indicateur | Valeur | Année des données | Source |
|---|---|---|---|
| Accidents du travail avec arrêt ou incapacité, tous risques (régime général) | 549 614 | 2024 | Assurance Maladie – Risques professionnels |
| Part des chutes de hauteur dans les accidents codés | 12 % | 2024 | Assurance Maladie – Risques professionnels, tableau 6 |
| Part dans les nouvelles incapacités permanentes | 15 % | 2024 | idem |
| Part dans les décès dont le risque est identifié | 13 % | 2024 | idem |
| Part dans les journées d'incapacité temporaire | 15 % | 2024 | idem |
| Chutes depuis une échelle ou un escabeau, parmi les chutes avec incapacité permanente | plus de 16 % | 2019 | INRS |
| Chutes de hauteur impliquant une échelle ou un escabeau | 20 % | publié en 2022 | Assurance Maladie |
| Part du BTP dans les décès consécutifs à une chute de hauteur | 54 % | 2019 | INRS |
| Accidents avec arrêt dus à une chute d'échelle ou d'escabeau | 23 490 puis 11 786 | 1990 puis 2012 | INRS, ED 6110 |
| Coût moyen d'un arrêt de travail lié à une chute | 3 700 € | publié en 2022 | Assurance Maladie |
| Hospitalisations en lien avec une chute, personnes de 65 ans et plus (toutes chutes) | 174 824 | 2024 | ameli.fr |
| Décès de personnes de 65 ans et plus en lien avec une chute (toutes chutes) | plus de 20 000 | 2024 | Santé publique France |
Méthode
Chaque chiffre a été lu dans le document de l'organisme qui le produit, ouvert le 1er octobre 2026 : le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels (publié en novembre 2025, tableaux 2 et 6), les pages « chutes de hauteur » de l'INRS (mises à jour le 21 avril 2023), la brochure INRS ED 6110 (2e édition, novembre 2019), le communiqué de l'Assurance Maladie du 15 mars 2022, les pages chutes d'ameli.fr et de Santé publique France. Nous n'avons recalculé aucun pourcentage : chacun est repris avec son champ (régime général, accidents codés, risque identifié). Aucun chiffre national des chutes d'échelle à domicile n'a été trouvé ; nous le disons plutôt que d'en estimer un. La page est mise à jour à chaque nouveau rapport annuel, en général à l'automne.
Questions fréquentes
Quelle est la part des chutes de hauteur dans les accidents du travail ?
En 2024, 12 % des accidents du travail codés par l'Assurance Maladie sont des chutes de hauteur, pour 15 % des nouvelles incapacités permanentes, 13 % des décès et 15 % des journées d'arrêt. Ces parts portent sur les accidents d'au moins quatre jours d'arrêt dont le risque à l'origine est identifié, soit 63 % d'entre eux.
Combien de chutes de hauteur se produisent depuis une échelle ou un escabeau ?
Selon l'Assurance Maladie (communiqué de mars 2022), une chute de hauteur au travail sur cinq implique une échelle ou un escabeau. Selon l'INRS, plus de 16 % des chutes ayant entraîné une incapacité permanente en 2019 sont parties d'une échelle ou d'un escabeau, la deuxième cause de chutes graves au travail.
Quelles sont les statistiques de chute de hauteur dans le BTP ?
D'après l'INRS (données 2019), le BTP concentre 20 % des arrêts de plus de trois jours dus à une chute de hauteur, 28 % des incapacités permanentes et 54 % des décès qui en résultent. Dans ce secteur, la chute de hauteur est le premier poste de décès.
Qu'est-ce qu'une chute de hauteur ?
C'est une chute avec dénivellation, ce qui la distingue de la chute de plain-pied. L'INRS y range aussi bien la chute d'un toit ou d'un pylône que celle d'un équipement qui ne surélève que légèrement, comme un tabouret ou un marchepied, et le travail au bord d'une tranchée.
Existe-t-il des chiffres de chutes d'échelle à la maison ?
Pas au niveau national, à notre connaissance au 1er octobre 2026 : les données publiées sur les accidents de la vie courante ne ventilent pas les chutes par échelle ou par escabeau. Les chiffres connus portent sur toutes les chutes, par exemple 174 824 hospitalisations de personnes de 65 ans et plus en 2024.
Sources
- Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport annuel 2024 (publié en novembre 2025), tableaux 2 et 6 — consulté le
- INRS, Chutes de hauteur : ce qu'il faut retenir (page mise à jour le 21/04/2023) — consulté le
- INRS, Chutes de hauteur : accidents du travail (page mise à jour le 21/04/2023) — consulté le
- INRS, Équipements d'accès en hauteur (page mise à jour le 21/04/2023) — consulté le
- INRS, ED 6110, Prévention des risques de chutes de hauteur (2e édition, novembre 2019) — consulté le
- Assurance Maladie, communiqué « Les chutes au travail » du 15 mars 2022 — consulté le
- ameli.fr, Fréquence et causes des chutes (page mise à jour le 13/03/2026) — consulté le
- Santé publique France, Chute (page mise à jour le 30/03/2026) — consulté le
- Suva, Éviter les chutes et les faux pas — consulté le
Informations vérifiées le 1 octobre 2026.
Journal des mises à jour
- Première édition : données 2024 du rapport annuel de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, séries INRS, chiffres des chutes des seniors.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
Politique éditoriale et usage de l'intelligence artificielle