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Tout ce qui monteL'accès en hauteur, expliqué et comparé

Cour d'entrepôt déserte à l'aube, bitume mouillé où se reflètent des arbres nus, long bâtiment gris au fond
Image générée par IA (image virtuelle) : illustration, ne représente pas un produit ou une situation réels.

Actualités

Chutes de hauteur : le nouveau rapport de l'Assurance Maladie

Le rapport annuel de l'Assurance Maladie – Risques professionnels est paru le 14 octobre. Les chutes de hauteur y pèsent 11 % des accidents du travail codés, 15 % des nouvelles incapacités permanentes et 10 % des décès dont le risque est identifié. C'est un point de moins que l'année précédente, alors que la base de calcul, elle, a changé. Et toujours pas un mot sur les échelles.

Par Rédigé avec l'aide d'une IA ⓘ

Ce qu’il faut retenir

  • Le rapport annuel de l’Assurance Maladie – Risques professionnels porte sur l’année 2025 : 551 225 accidents du travail avec arrêt ou incapacité permanente dans le régime général, soit 0,3 % de plus qu’en 2024, pour 20,9 millions de salariés, et 783 décès.
  • Les chutes de hauteur y représentent 11 % des accidents codés, 15 % des nouvelles incapacités permanentes, 15 % des journées d’arrêt et 10 % des décès dont le risque est identifié.
  • C’est un point de moins que l’édition précédente, qui donnait 12 %. Le rapport n’y décrit aucun recul : la part des accidents effectivement codés est passée de 79 % à 86 %, et il écrit que « la nature des AT selon la classification n’est pas affectée », « la hiérarchie des risques à l’origine des AT restant la même que les années précédentes ».
  • Chutes de plain-pied et chutes de hauteur réunies font un quart des accidents du travail.
  • Le rapport ne dit rien des échelles, des escabeaux ni des échafaudages : il ne ventile pas les chutes par équipement.

Un accident du travail codé sur neuf

L’Assurance Maladie classe chaque déclaration d’accident selon le « risque à l’origine » : ce que faisait la victime, ce qui a dysfonctionné, l’objet en cause et la façon dont elle a été blessée. Douze catégories en sortent, dont les chutes de plain-pied et les chutes de hauteur, comptées séparément. Voici ce que donne le classement de l’année 2025, pour les six premiers risques.

Risque à l’origine de l’accidentAccidents codésNouvelles incapacités permanentesDécèsJournées d’arrêt
Manutention manuelle51 %47 %26 %47 %
Chutes de plain-pied14 %16 %7 %17 %
Chutes de hauteur11 %15 %10 %15 %
Outillage à main8 %5 %0,3 %4 %
Agressions (y compris par animaux)6 %6 %3 %8 %
Risque routier3 %4 %19 %4 %

Extrait du tableau 9, page 23 du rapport. Les pourcentages portent sur les sinistres dont le risque est identifié, et non sur l’ensemble des accidents.

Le constat de fond ne change pas d’une édition à l’autre : la chute de hauteur est moins fréquente que la manutention, mais plus grave que la moyenne. Elle compte pour 11 % des accidents et pour 15 % des incapacités permanentes comme des journées d’arrêt ; autrement dit, elle laisse plus souvent des séquelles et immobilise plus longtemps qu’un accident ordinaire. Les chiffres détaillés, au travail comme à la maison, chacun avec son année et son champ, sont réunis dans notre page de données sur les chutes de hauteur et leurs chiffres.

Pourquoi un point de moins n’est pas une bonne nouvelle

Il serait tentant de titrer sur un recul des chutes de hauteur, de 12 à 11 % des accidents codés. Le rapport invite lui-même à la prudence, pour trois raisons.

D’abord, le champ a bougé. La codification ne porte que sur les accidents ayant entraîné au moins quatre jours d’arrêt, et seulement sur ceux dont la déclaration est assez explicite pour être classée. Cette part remonte nettement : 86 % des accidents concernés ont été codés en 2025, contre 79 % l’année précédente, et 72 % l’ont été avec un codage dit informatif, contre 63 %. Les pourcentages du tableau reposent donc sur une base plus large — et différente — d’une année à l’autre.

Ensuite, le rapport présente ces chiffres comme des ordres de grandeur. Il écrit que la classification « n’est qu’une première approche » et que ses résultats, « même s’ils sont du même ordre de grandeur, peuvent différer de plusieurs unités de ceux obtenus par des approches strictement analytiques ». Un point d’écart entre deux éditions entre dans cette marge.

Enfin, l’Assurance Maladie elle-même ne décrit aucune inflexion : elle note que la nature des accidents n’est pas affectée et que la hiérarchie des risques reste celle des années précédentes. Manutention manuelle en tête avec la moitié des accidents, puis les deux familles de chutes, puis l’outillage à main.

Atelier désert aux hautes fenêtres d'acier, établis vides le long d'un mur de brique, sol de béton lisse
Image générée par IA (image virtuelle).

Trois façons de se tromper en lisant ces pourcentages

Ne pas les multiplier par le total des accidents

Appliquer 11 % aux 551 225 accidents de l’année donnerait un nombre faux. Les parts du tableau se calculent sur les seuls accidents dont le risque est identifié, soit 72 % de ceux qui ont entraîné quatre jours d’arrêt au moins — un sous-ensemble du total. Le rapport prévient que ses résultats valent « par leurs ordres de grandeur respectifs, ou par leurs évolutions sur le long terme, mais pas comme dénombrements précis et exhaustifs ». Nous ne publions donc pas de nombre absolu de chutes de hauteur : il n’en existe pas dans ce document.

Les décès sont les chiffres les plus fragiles

Sur 783 décès reconnus à la suite d’un accident du travail en 2025, plus de la moitié n’ont pas de risque identifié : ce sont pour l’essentiel des malaises, que la nomenclature européenne, limitée aux facteurs physiques externes, ne sait pas classer. Le rapport compte 457 décès par malaise hors risque routier et 186 décès d’origine professionnelle identifiée. Ces deux dénombrements ne se superposent pas à la classification statistique : les 10 % attribués aux chutes de hauteur se rapportent aux 45 % de décès auxquels cette classification attribue un risque, ni à l’ensemble des 783, ni aux 186.

Le périmètre s’arrête aux salariés du régime général

Ces données couvrent 20,9 millions de salariés affiliés au régime général, répartis en neuf comités techniques nationaux. Les exploitations agricoles, une large part des agents publics et les travailleurs indépendants n’y figurent pas, et les accidents domestiques encore moins : une chute d’escabeau un dimanche après-midi n’entre dans aucune de ces cases.

Pas un mot sur les échelles

C’est la limite la plus frustrante pour un site comme le nôtre. Dans ce rapport, le mot « échelle » ne désigne qu’une seule fois un équipement — comme exemple d’« agent matériel » dans la description de la méthode de codage ; partout ailleurs, il s’agit de l’échelle d’un graphique. Aucun tableau ne compte les chutes par équipement : ni échelle, ni escabeau, ni échafaudage, ni toiture.

Échelle simple appuyée contre un mur
L'échelle ne figure dans le rapport qu'en exemple d'agent matériel de la méthode de codage européenne : aucun tableau ne répartit les chutes de hauteur par équipement. Schéma Échelle.com d'après le rapport annuel 2025 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, p. 21.

Les seules ventilations publiques par équipement restent anciennes : la série longue de l’INRS s’arrête en 2012, et la proportion de chutes impliquant une échelle ou un escabeau vient d’un communiqué de l’Assurance Maladie de 2022. Elles sont rassemblées, avec leur année et leur champ, sur notre page de chiffres. Tant qu’aucun organisme ne publiera mieux, personne ne peut dire combien de salariés sont tombés d’une échelle en 2025, et nous ne l’écrirons pas.

Femmes, hommes et secteurs : ce que l’on apprend quand même

Le rapport actualise une étude par genre, sur les données 2024. Elle montre une répartition des risques nettement différente d’un sexe à l’autre : la manutention manuelle pèse 52 % des accidents des hommes contre 48 % de ceux des femmes, l’outillage à main 11 % contre 3 %. La chute de hauteur fait exception : 12 % des accidents des femmes, 11 % de ceux des hommes. L’écart y tient en un point, le plus faible des quatre grands risques du classement.

Côté secteurs, le rapport publie les indices de fréquence par branche : 37,0 accidents pour 1 000 salariés dans le bâtiment et les travaux publics, contre 26,4 pour l’ensemble des neuf comités. Mais il ne croise jamais le secteur et le risque à l’origine. Impossible, donc, d’en tirer la part du BTP dans les chutes de hauteur : ce chiffre-là vient de l’INRS et porte sur 2019.

Toit de tuiles couvert de feuilles mortes autour d'une lucarne et d'une cheminée de brique, ciel gris
Image générée par IA (image virtuelle).

Ce que ces chiffres changent sur le terrain

Rien, et tout. Rien, parce qu’une part qui varie d’un point ne modifie aucune consigne. Tout, parce que la même leçon revient d’une édition à l’autre : la chute de hauteur est un risque de gravité, pas de fréquence. On tombe moins souvent qu’on ne se blesse en portant une charge, mais on s’en remet moins bien.

Pour un particulier, le Code du travail ne s’applique pas, et c’est précisément pourquoi les douze règles réunies dans notre guide pour utiliser une échelle sans tomber méritent d’être lues : personne ne viendra les rappeler sur un chantier de week-end.

Plateforme individuelle roulante légère (PIRL) avec garde-corps
Une plateforme individuelle roulante entoure son plancher d'un garde-corps : pour un travail qui dure, elle supprime le risque de chute au lieu de le gérer. Schéma Échelle.com.

Pour un employeur, l’ordre des solutions est fixé par les textes, et notre fiche sur le travail en hauteur et ses obligations le détaille : la protection collective passe avant l’équipement individuel, et l’échelle n’est un poste de travail que par exception. Ce que la loi autorise exactement sur une échelle, et dans quels cas, est précisé dans notre fiche travailler sur une échelle ou un escabeau.

Quand le travail dure, une plateforme individuelle roulante ou un échafaudage valent mieux qu’un barreau : six modèles sont analysés sur fiche technique dans notre comparatif des échafaudages roulants.

Ce que nous surveillons

Les trois dernières éditions de ce rapport ont paru en décembre, puis en novembre, puis en octobre : la parution se rapproche de l’automne sans date fixe. Nous relirons la suivante dès sa mise en ligne, et notre page de chiffres en reprendra les données. Nous guettons surtout une chose : qu’un organisme publie enfin une ventilation récente des chutes par équipement. D’ici là, les autres mises à jour qui comptent pour un acheteur sont ailleurs, du côté des normes — comme celles que nous avions relevées sur la série EN 131 amendée. Les autres enquêtes et actualités de l’accès en hauteur sont réunies dans le magazine.

Sources

  1. Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport annuel 2025 (octobre 2026) : tableaux 7 à 11, figures 11 et 103 — consulté le
  2. Assurance Maladie – Risques professionnels, page de publication du rapport annuel 2025 — consulté le
  3. Assurance Maladie, communiqué « Risques professionnels : les principaux chiffres de la branche AT/MP en 2025 » (13 octobre 2026) — consulté le
  4. Assurance Maladie – Risques professionnels, rapport annuel 2024 (novembre 2025), édition précédente — consulté le

Informations vérifiées le 2 novembre 2026.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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